11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 23:34

Paris, Rue du Montparnasse, Avril 2013.

Honoré et invité d'honneur du dernier Festival du film policier de Beaune, David Lynch en a profité pour rester quelques jours du mois d'avril à Paris.

Depuis 2007, année de son exposition The Air is on Fire à la Fondation Cartier et sa rencontre avec l'éditeur et imprimeur, Patrice Forest, David Lynch entretient une relation intime et particulière avec la France où il revient une à deux fois par an.

Situé au numéro 49 de la Rue du Montparnasse, c'est ici dans ce petit atelier d'art, une des dernières imprimeries au coeur de Paris, au fond d'un petit passage discret, que le cinéaste a découvert, il y a 5 ans, la Galerie Idem et s'est initié à l'art de la lithographie. C'est désormais à Paris, dans ce lieu magique, l'un des derniers ateliers de lithographie totalement manuels que Lynch trouve désormais l'inspiration dans cet endroit qu'il nomme "mon chez-moi loin de chez moi":

"Paris est inspirant pour moi. C'est un endroit qui est tellement nourri de tous les arts (...) J'ai vu ce lieu incroyable, et on m'a donné l'occasion d'y travailler. Tout cela à été comme un rêve!"

"Les idées viennent de la combinaison de la pierre, du lieu, des gens et de cette atmosphère".

De ce lieu " à l'atmosphère spéciale et unique", Lynch avoue volontiers en être tombé amoureux. Dans cet endroit, emprunt d'histoire ( crée en 1880 et fréquenté en son temps par Matisse, Chagall, Miro ou Picasso), l'ancien étudiant de l'Ecole des Beaux-Arts de Boston, a pu accéder à ce qu'il appelle " la magie de la pierre".

Ce qui n'était au départ qu'un simple essai devient très vite pour l'artiste, un nouveau moyen d' exprimer ses visions sur un nouveau support " à même la pierre" et ainsi revenir à sa vocation première, peindre.

« I see this incredible place, and I get the opportunity to work there. And this was like a dream! It just opened up this world of the lithography and the magic of lithography, the magic of the stones. »

Le numéro du 24 avril 2013 des Inrocks a consacré sa couverture au cinéaste et se posait la question suivante:

"Pourquoi fait-il tout sauf des films?"

Tout simplement parce que Lynch est un artiste multiple et polymorphe qui brise les frontières entre les genres et les arts. Et chacun de ses films le prouve, son cinéma est le creuset d'un art total. Il n'est pas seulement cinéaste, il est aussi plasticien, décorateur, musicien et peintre.

En Octobre 2010, lors de sa Master class à la Cinémathèque française, il évoquera sa vie où le Cinéma n'occupe pas forcément une place centrale. Il reviendra sur sa formation initiale, sa relation à l'art, ses influences comme Bacon ou Hopper: "Quand j'étais petit, je peignais et je dessinais tout le temps".

Témoignant de son attachement à l'Art avec un grand A, on y voit 6 courts-métrages réalisés avant Eraserhead ( 1977 ), chacun mêlant magistralement cinéma et arts plastiques. Six Men Getting Sick ( 1967 ) est une sorte de film - painting qui se présente à la façon d'une peinture en mouvement et prouve déjà que l'artiste est davantage un dessinateur et plasticien qu'un cinéaste, que seulement un cinéaste.

Absent, des salles de Cinéma depuis 6 ans, Lynch n'est pas pour autant resté inactif. Après Inland Empire, son dernier film à ce jour, il a entamé ce qu'on pourrait appeler une sorte de retour aux sources artistiques. Lynch est un homme prolifique qui, au grès de ses multiples escapades artistiques fait preuve d'étonnantes facultés d'adaptation en s' illustrant dans des domaines très différents.

En musique: en 2011, il sort son premier album solo, conçu chez lui dans son propre studio d'enregistrement et crée la David Lynch Music Company. Son album Crazy Clown Time est une sorte d'essai electro à l'univers énigmatique et envoûtant.

En Production: il a produit le projet de son fils Austin, Interview Project (121 entretiens tournés pendant 70 jours) une sorte de road trip aux quatre coins des Etats-Unis où des gens croisés au hasard sont interviewés.

Publicitaire: En 2011, il réalise un spot publicitaire pour promouvoir sa propre marque de café. Étrange comme à l'accoutumée, on y voit Lynch en pleine discussion avec la tête d'une poupée Barbie.

Acteur: Également acteur, il incarnera le père du personnage principal joué par Tim Roth, dans le film de sa fille Jennifer, A Fall from Grace, un thriller sur les écrans en 2014.

Mais depuis quelques années, ses projets semblent se tourner de plus en plus vers l'Europe et Paris oū il est finalement plus libre et mieux apprécié qu' aux USA. Cinéaste indépendant et autodidacte par excellence, Lynch a toujours été davantage soutenu par la France, pays qui a toujours respecté sa liberté de création. Mulholland Drive a en partie été financé par le producteur français, Alain Sarde. Rappelons-nous, qu' en son temps, Lynch avait refusé à George Lucas de tourner le Retour de Jedi craignant de ne pas avoir assez de liberté et regrettera aussi longtemps d'avoir accepté de tourner la superproduction Dune, un film de commande.

A Paris, oū il séjourne désormais plusieurs semaines par an, il a ouvert et décoré le Club privé Le Silencio ( 142 rue Montmartre. 2ème Arrondissement ), un club culturel aussi étrange et fantasmagorique que celui de Mulholland Drive. D´un genre nouveau, ce lieu très select, réservé uniquement à ses membres, propose des événements culturels et une salle de cinéma de 24 places.

Jusqu'au 19 Mai 2013, David Lynch expose à la Louvière en Belgique au Centre de la Gravure et de l'image imprimée. Circle of Dreams montre pour la première fois l'ensemble des œuvres du cinéaste réalisées à Paris à partir d'une technique d’impression ancestrale, la lithographie, étymologiquement "dessin sur pierre", permettant la création et la reproduction à quelques exemplaires d’un tracé exécuté avec un crayon gras sur un pierre calcaire, plate, d'environ 15 cm d'épaisseur.

Depuis 2007, ce sont 130 lithographies toutes aussi étranges et mystérieuses, oniriques et surréalistes, les unes que les autres qui sont nées de cette fructueuse collaboration. Des lithographies ni d'un bleu velours, ni d'un rouge vénéneux ou d'un jaune épileptique mais des noirs et blancs parfois inquiétants qui rappellent ses films les plus nocturnes. Eraserhead ou Elephant Man ont été tourné en noir et blanc car pour lui, "la couleur est trop réelle. Le noir a de la profondeur, permet de rêver. On y voit ce dont on a peur. Ce sont les choses les plus sombres que je trouve belles".

Comme ses films, ses lithographies sont étrangères à toute linéarité, logique ou lisibilité et Lynch, toujours réticent à l'analyse de son travail, prévient:

"il vaut mieux, ne pas en savoir trop sur la signification des choses ou leur interprétation. La psychologie détruit le mystère, qui est une forme de magie".

Des images fixes non identifiées, magiques et mystérieuses, habitées d'étranges personnages, ces lithographies, ne sont pas sans nous évoquer l' ambiance lynchienne et son goût immodéré pour le bizarre, la symbolique du feu, les mutations, le cauchemar, l’enfance, la femme, la nature ou les insectes.

Dans chacune d'entre elles, le titre apparait dans l'image et fait entièrement partie d'elle et lui donne son sens. Sur ces feuilles venues du Japon, on retrouve toute la singularité métaphysique et mystérieuse de son cinéma fait de rêves, d'angoisses, d'énigmes et de cauchemars comme "Alice thinks about suicide" , " Dreams" , " The thoughts of Jimmy Smith" ou "Woman obscured by cloud" ...

L'HOMME QUI VENAIT D'AILLEURS...

Pour reprendre, le titre d'un film de Science -Fiction avec Bowie, Lynch c'est un peu l'homme qui venait d'ailleurs. Ce qui frappe lorsqu'on a la chance de rencontrer cet artiste ( j'ai eu l'occasion de le rencontrer deux fois,en 2010 et en avril dernier ) dans ce lieu magique où le temps semble comme suspendu, c'est sa sérénité, son calme et sa courtoisie parfaite.

Une gentillesse rare qui lui donne cet air si familier, un peu comme si finalement on venait rendre visite à notre cher Oncle David. Lynch semble ici dans son élément, comme chez lui, sous cette grande verrière, au milieu de ses presses d'époque et ses immenses pierres de calcaire.

3 ans après ma première rencontre, Lynch, une cigarette à la main, a toujours la même politesse distinguée. Fringuant en toute circonstance, il porte le même tablier bleu mais aussi une élégante chemise blanche boutonnée jusqu´au cou.

Parmi ses lithographies, toutes originales et limitées ( elles sont chacune imprimées à 30 exemplaires seulement ), que vous pourrez vous offrir à partir de 1800 euros, j'ai choisi Woman Obscured by cloud que Oncle David a bien voulu me dédicacer personnellement: -All the Best for you-.

Ne me demandez pas pourquoi celle-ci et pas une autre...Comme Lynch, je me refuserai à toute analyse. Une chose est certaine, aujourd'hui encore, après avoir vécu ma plus belles rencontres de cinéphile, je suis encore sur mon nuage...

En fin d'année, David Lynch sera de retour à Paris à l'occasion de la troisième édition du Jour Le Plus Court, manifestation qui honore et fête le court-métrage et dont il sera le parrain d'honneur.

Ne lui demander pas, " à quand un nouveau film ? ", Lynch vous répondra de manière énigmatique qu'il est toujours en quête d´idées... Peu importe, des idées, il n'en manque définitivement pas!

Lorraine Lambinet

En Bonus, le film de David Lynch ( Paris, 2012, 8 mn) sur l'Atelier Item

Le site internet de Item Editions

Le site internet du Jour le plus Court

Le Site du Centre de la Gravure et de l'Image imprimée de La Louvière en Belgique.

Le film de 8 mn réalisé par David Lynch sur Idem Paris

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 12:10

Vous ne croyez peut-être pas au conte?

Le destin incroyable de Sixto Rodriguez vous convaincra certainement du contraire...

SUGAR MAN est un film fascinant, un documentaire que je conseille à ceux qui croient encore en leurs rêves et à ceux qui aiment la musique et ses légendes!

Au début des années 70, Sixto Rodriguez, américain d'origine mexicaine signe son premier album sous le célèbre label, Motown ( celui de Michael Jackson, Diana Ross, Marvin Gaye, Stevie Wonder).

Ses textes engagés, sulfureux voire provocants n'ont rien à envier à un certain Bob Dylan qui connait à la même époque un succès fulgurant. Certains, le surnomment "l'autre Dylan, pourtant, Rodriguez ne rencontrera jamais le succès. L'artiste disparaît, on perd sa trace. Désespéré, la légende raconte qu'il se serait suicidé sur scène.

De "Sugar Man" ( sur la drogue ) ou " I Wonder" ( sur la liberté sexuelle) à "Cause " (sur la perte de son emploi ), la BO grandiose du film, nous révèle un peu plus qui était cet homme dont il ne reste que des chansons, toutes stupéfiantes et quasi autobiographiques, de magnifiques ballades rocks, folks et blues encore habitées par cette voix unique. Le documentaire est construit comme un film policier. Digne d'un bon polar, SUGAR MAN est une enquête qui nous embarque, 40 ans après sa disparition, à la recherche de cet artiste maudit et qui, selon certaines rumeurs, serait toujours vivant.

Au - delà du portrait et du parcours de Sixto Rodriguez, artiste oublié des années 70, SUGAR MAN désacralise le célèbre mythe pop-rock.
Ici, pas de célébrités, de succès, d'excès ou de mort prématurée mais un film émouvant, captivant et original qui signe la miraculeuse reconnaissance d'un homme simple, humble, les pieds sur terre au destin fascinant, devenu une idole malgré lui...

La carrière en salles de ce documentaire est tout aussi fascinante et suffisamment rare pour être soulignée.
Sorti en fin d'année, de manière quasi confidentielle ( dans 3 salles seulement ), Sugar Man a remporté l'Oscar du Meilleur documentaire et bénéficié d'un bouche à oreilles plus que favorable ce qui lui a permit une ressortie inespérée dans 60 salles.

A 70ans, grâce à ce documentaire, Sixto Rodriguez est enfin reconnu de son public. Une reconnaissance tardive et miraculeuse qui le ( ra ) mènera sur scène. Il sera en concert à Paris, les 3 et 4 juin au Zenith et le 5 juin à la Cigale.

Et pour finir, je ne pourrais que vous encourager à écouter ce morceau magnifique, Sugar Man:

Lorraine Lambinet

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Lorraine Lambinet
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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 07:06

Ils seront 8 à rejoindre, le Président Steven Spielberg sur la Croisette à partir du 15 Mai prochain.

Vidya BALAN ( Actrice Indienne ), Naomi KAWASE ( Réalisatrice Japonaise ), Nicole KIDMAN ( Actrice australienne ), Lynne RAMSAY ( scénariste et réalisatrice Britannique), Daniel AUTEUIL ( acteur français ), Ang LEE ( réalisateur Taïwanais ), Cristian MUNGIU ( scénariste et réalisateur Roumain), Christopher Waltz ( Acteur Autrichien).

Pas d'écrivains, ni de musiciens ou autres créateurs de mode ( On se souvient de Jean-Paul Gaultier l'an passé) mais un Jury 100% Cinéma et Cinéphile qui rejoindra cette année la Croisette aux côtés de Steven Spielberg, Monsieur Le Président.

Et certains se rejouieront, la parité est ici ( quasi ) parfaite ( si on excepte le Président): 4 hommes et 4 femmes.

Mais si Nicole Kidman, Daniel Auteuil ou Ang Lee, ne sont pas de parfaits inconnus, qui sont les autres?

LES FEMMES DU PRESIDENT

Les rumeurs circulaient depuis plusieurs jours déjà et Gilles Jacob, invité du Grand Journal de Canal +, n'a pas démenti. Si Nicole Kidman, l'actrice et productrice, on ne la présente plus, est déjà venue plusieurs fois sur la Croisette. En 2001, elle était l'héroine du tapis rouge et présentait Moulin Rouge de Baz Luhrmann qui fera l'Ouverture du Festival avec le très attendu, Gatsby, Le Magnifique. Elle est revenue en 2003, avec Lars Von Trier pour le film Dogville. L'an passé, elle était en lice pour le Prix d'interprétation pour son rôle sulfureux dans Paperboy de Lee Daniels. Elle sera, cette année, pour la première fois jurée à Cannes.

Cette année, Le Festival rendra hommage à la plus grande industrie mondiale et fêtera les 100 ans du cinéma Indien. Vydia Balan, ce nom ne vous dit, peut-être rien pour le moment. Elle est pourtant, l'actrice la plus en vue à Bollywood. Elle incarne la Nouvelle Vague indienne et a reçu dans de nombreux festivals, le Prix de la Meilleure actrice pour son rôle dans The Dirty Picture .

Si elle est japonaise, la réalisatrice, Naomi Kawase n'est pas une parfaite étrangère à Cannes. Elle est quasiment "née" sur la Croisette. Elle est à 29 ans, la plus jeune lauréate et la première japonaise à obtenir en 1997, la Caméra d'Or avec son 1er film, Suzaku. On se souvient aussi d'elle et de sa montée des marches en kimono en 2007 pour son film, La Forêt de Mogari pour lequel elle remporta le Grand Prix du Jury.

La britannique Lynne Ramsay est également une enfant de la Croisette. A 27 ans, elle présentait son premier court-métrage Small Deaths. C'était en 1996. En 1999, son premier long métrage, Ratcatcher était en sélection à Un Certain Regard puis elle est revenue en 2002 avec son second film, Morvern Callar. On a surtout beaucoup entendu parler d'elle, en 2011, avec son remarquable film en compétition, We need to talk about Kevin avec Tilda Swinton. Cette année, elle sera jurée mais aussi en compétition à la Quizaine des réalisateurs avec son court-métrage, Swimmer.

LES HOMMES DU PRESIDENT

Daniel Auteuil a lui aussi déjà foulé le tapis rouge cannois. Comme en 1996 où il remportait le Prix d'interprétation Masculine pour son rôle dans le Huitième Jour de Jaco Van Dormael. Il présente en 2002, le film de Nicole Garcia, L'Adversaire qui concourt pour la Palme d'Or puis en 2005, le film de Michael Haneke, Caché. Acteur mais aussi réalisateur, Daniel Auteuil a adapté au cinéma, La Fille du Puisatier, l'oeuvre de Pagnol. Il devrait réaliser prochainement, la célèbre trilogie du même auteur, Marius, Fanny et Cesar.

Christoph Waltz était un parfait inconnu jusqu'à sa rencontre avec un habitué de la Croisette, un certain Quentin T...L'acteur autrichien sort de l'anonymat en 2009, avec le rôle du Colonel SS, Hans Landa dans Inglorious Basterds et pour lequel il est récompensé à Cannes mais aussi au Golden Globe et aux Oscars. L'an passé, il a remporté le même succès dans le rôle de l'impitoyable chasseur de primes, King Schultz dans Django Unchained.

Le roumain, Cristian Mungiu a quant à lui foulé le célèbre tapis rouge, il n'y a pas si longtemps. L'an passé, il repartait avec le Prix du Scénario pour Au-delà des collines et le Prix d'interprétation Féminine pour ses 2 actrices. A noter que son second long métrage, 4 Mois, 3 semaines, 2 jours avait déjà reçu en 2007, la prestigieuse Palme d'Or.

Parmi les jurés, finalement, seul Ang Lee fait figure de petit nouveau. Davantage, habitué et souvent récompensé à la Mostra de Venise ( 2 Lions d'Or) ou au Festival de Berlin ( 2 Ours d'Or), le cinéaste taiwanais fera cette année, sa première montée des marches. Réalisateur reconnu pour la diversité des genres qu'il aborde, il a ainsi réalisé Garçon D'Honneur, Salé, Sucré, Raisons et Sentiments, Ice Storm, Tigre et Dragon, Hulk, Le Secret de Borkeback Mountain, Lust Caution, Hotel Woodstock. En 2012, il signe L'Odyssée de Pi, une fable initiatique et une ode à l'imaginaire en 3D qui remporte 4 Oscars dont celui du Meilleur réalisateur.

L'australienne,Nicole Kidman, La Britannique, Lynne Ramsay, L'indienne, Vidya Balan et la JaponaiseNaomi Kawase seront les femmes du Président. Le français, Daniel Auteuil, Le Taiwanais, Ang Lee, L'autrichien Christopher Waltz et le roumain, Cristian Mungiu seront les hommes du Président.

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Lorraine Lambinet
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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 16:21

L’ECUME DES JOURS de Michel Gondry sort en salles le 24 Avril et ce petit ovni cinématographique prouve que seul le cinéma et la fantaisie surréaliste de son réalisateur étaient propices à la traduction des images langagières, visuelles et surréelles de Boris Vian.

En 1946, Boris Vian publie son premier roman, L’Ecume des Jours, devenu l’œuvre culte de toute une génération.

Une histoire d'amour intemporelle mais cruelle, d'une sublime simplicité :

Colin rencontre Chloé. Ils s'aiment. Ils se marient. Puis le drame et la maladie survient: Chloé a un nénuphar au poumon qui finira par la dévorer.

L’histoire est simple, et pourtant rarement, l'Amour fou, impossible et physique n'y a été décrit de la sorte en littérature.

Génie avant-gardiste, l’ oeuvre de Boris Vian est débordante de musiques, de procédés d’écritures métaphoriques, d’inventivités lexicales, d’objets fantaisistes (le célèbre Pianocktail qui conjugue les plaisirs de l’alcool et de la musique) et d'images cinématographiques au point qu’on pensait le livre difficilement envisageable sur grand écran.

Gondry a toujours été influencé par l’univers surréaliste du poète qu’il a découvert lorsqu’il était adolescent :

"La liberté de cette écriture qui crée des surprises à chaque instant a débloqué ma créativité."

Il signe une adaptation fidèle qui renvoie à sa première lecture du livre. Plutôt qu’intellectualisé, il en propose une approche enfantine et visuelle, bricolée et collée, entre rêve et réalité, effets spéciaux et carton-pâte qui ravira les jeunes spectateurs.

Héritier d’une famille de « Geo Trouvetout » (son père est l’inventeur du premier synthétiseur, Le Clavioline) Michel Gondry est lui aussi auteur et inventeur. Il a ainsi révolutionné et modernisé l’univers du clip en mêlant animation et prise de vues réelles où le mécanique et le vivant se mêle et donnant vie à des objets inertes (on se souvient en particulier, des magnifiques clips de Bjork pour laquelle, il réalisera une dizaine de clips).

Cette adaptation cohérente et réussie, efficace et rythmée qui épouse à merveille l'univers poétique de Vian, nous enchante par son inventivité et fourmille de mille et une idées pendant les 125 minutes que dure le film.

On est ainsi heureux de retrouver son univers foutraque, artisanal et bricoleur qu’on avait tant aimé dans LA SCIENCE DES REVES, ETERNAL SUNSHINE AND THE SPOTLESS MIND ou SOYEZ SYMPAS, REMBOBINEZ.

Ainsi, Colin et Chloé amoureux sont sur leur petit nuage. Ce désir amoureux est signifié par un nuage, The Little Cloud, qui vole au dessus de Paris. Cette scène a été réalisé sans effets spéciaux : Les acteurs ont ainsi été embarqué dans un manège de fête foraine suspendu au bout d'une grue à 25 mètres du sol.

Des petits plats (conçus par Bénédicte Charpiat, décoratrice – plasticienne, à partir de tissus, mousse et autres matériaux de récupération), aux décors, en passant par les voitures du film, tout est extravagant et délirant (à l’image de la LimoVian, la limousine transparente de Colin e Chloé, sorte de prototype hybride et rétro-futuriste fabriquée par Peugeot).

Le film réunit aussi un casting impressionnant dont les acteurs fétiches de Klapisch (Romain Duris et Aissa Maiga), la crème des acteurs comiques du moment ( Omar Sy, Gad Elmaleh ou Alain Chabat), le Paris et l’actrice de Jean-Pierre Jeunet ( Audrey Tautou).

Gondry (himself) apparaît dans le rôle du docteur Mangemanche celui qui diagnostique la présence d’un nénuphar dans le poumon de Chloé et pas de doute, ce film fait du bien au moral !

 

L’Ecume des jours est une ode à l’amour, à prescrire sans modération dès le 24 Avril et parce que un petit Vian, ça ne peut faire que du bien !

 

Lambinet Lorraine

 

 

Autour du film :

Les petits plats en tissus sont visibles au Musée des Lettres et Des Manuscrits

http://www.museedeslettres.fr/public/exposition/l-rsquo-ecume-des-jours-du-roman-au-film-1946-2013/149

La LimoVian, la limousine transparente de Peugeot, fabriqué pour le film est actuellement au Showroom Peugeot au 136 Avenue des Champs Elysées jusqu’au 16 juin.

Michel Gondry sera à La Fnac des Champs le vendredi 19 Avril à 18H.

http://www.fnac.com/michel-gondry/ct9072/w-4

Les plats confectionnés totalement en tissus, La LimoVian transparente de Peugeot, Michel Gondry à la rencontre Fnac, Gad Elmaleh à L'AVP du Film

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 15:53

"The Congress" de Ari Folman ( Valse avec Bachir) fera l'Ouverture de la Quinzaine des réalisateurs au prochain festival de Cannes.

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 21:37

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Lambinet Lorraine
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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 21:20

 

 

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Cette année c’était une grande première, la Conférence de presse du Festival de Cannes n’avait pas lieu, comme à l’accoutumée, dans un grand hôtel parisien mais pour la première fois dans une salle de cinéma.

 

Gilles Jacob s’est félicité avec humour de ce changement:

 

«  Avant nous étions dans un grand hôtel. Nous progressons. Aujourd’hui, nous sommes dans un cinéma. Bientôt, peut-être, pourrons-nous montrer des extraits des films en compétition… ».

 

On regrettera cependant un réseau Wifi inaccessible mais là n’est pas la question, nous n’étions pas là pour twitter mais avant tout pour savoir ce qui se profilera sur la Croisette d'ici quelques semaines…

 

Assise à côté de Michel Ciment ( Directeur de Positf, ma revue préférée) et Aurélien Ferenczi ( journaliste et critique dans Télérama), j’ai pour ma part, découvert pour la première fois, la prestigieuse et magnifique salle des années 30 de l’UGC Normandie sur les Champs Elysées qui était cette année le théâtre de cet événement mondial.

 

Ce matin, Thierry Fremaux et Gilles Jacob ont ( enfin) fait taire les rumeurs les plus folles qui alimentaient depuis quelques semaines les réseaux sociaux.

 

Et ce matin, le verdict est tombé. Thierry Frémaux a annoncé la sélection officielle et les réalisateurs que l'on retrouvera sur la Croisette le mois prochain: « Certains dont la présence vous surprendront, d'autres vous rassureront ».

 

Donc, malgré les rumeurs, pas de Tavernier ou de Lars Von Trier à Cannes et d’ailleurs selon Frémaux:

« il n’en a jamais été question, les films n’étant pas terminés ».

 

Pas de Guillaume Canet en compétition. BLOOD TIES, remake des LIENS DU SANG de Jacques Maillot, sera bien à Cannes mais hors Compétition.

 

Par contre, les présences en compétition de Nicolas Winding Refn ( Pour son film ONLY GOD FORGIVES avec Ryan Gosling ), de  James Gray ( THE IMMIGRANT avec Joaquin Phoenix),  des Frères Coen ( INSIDE LLEWYN DAVIS avec Carey Mulligan et Justin Timberlake) confirment quelques certitudes.

 

S’ajoute Paolo Sorrentino et son film THE GREAT BEAUTY    ( dont ce sera le 5ème film présenté à Cannes après IL DIVO ou THIS MUST BE THE PLACE),  Arnaud Desplechin et son film JIMMY P avec Mathieu Amalric et Benicio Del Toro ( il avait déjà présenté UN CONTE DE NOEL en compétition).

 

A ceux qui reprocheront, la présence d’habitués, Frémaux s'explique :

« Les grands auteurs font les grands films. Certains, viendront donner de leurs nouvelles. »

 

Il y a aussi des surprises comme la présence en compétition de Steven Soderbergh qui a annoncé sa retraite et dont BEHIND THE CANDELABRA avec Michael Douglas et Matt Damon pourrait être le dernier film.

 

L’événement sera le retour de Polanski sur la Croisette (11 ans après LE PIANISTE et sa Palme d’Or) avec LA VENUS A LA FOURRURE avec Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric.

 

Autre événement, on annonce aussi la venue à Cannes de Robert Redford qui viendra pour le film de J.C Chandor, ALL IS LOST.

 

Mais où sont les femmes ? pourront reprocher certaines mauvaises langues avides de faux débat en constatant que parmi les 19 réalisateurs en lice, Valéria Bruni Tedeschi sera la seule femme en compétion officielle cette année avec UN CHATEAU EN ITALIE ( une chronique familiale avec Louis Garrel ).

 

En tout cas, rarement le cinéma français n’a été aussi bien représenté à Cannes. Son casting de rêve peut nous laisser espérer une Palme Française avec Ozon, l’ habitué, Kechiche, le nouveau (se sera, en effet, sa 1ère apparition sur la Croisette), Arnaud Desplechin, jamais récompensé, Valéria Bruni Tedeschi, la surprise ou encore Asghar Farhadi, l’iranien qui tourne en France.  

 

Les femmes, pour ceux qui insistent et qui les cherchent toujours, seront très présentes  dans la section Un Certain Regard.

De Rebecca Zlotowski ( GRAND CENTRAL) à Claire Denis     ( LES SALAUDS avec Vincent Lindon ) en passant par l’actrice Valéria Golino qui présentera MIEL, son premier film ou Sofia Coppola qui fera l’Ouverture avec THE BLING RING, on devrait en entendre parler des femmes...

 

On devrait aussi entendre parler de Lea Seydoux qui sera à l’affiche de 2 films ( celui de Rebecca Zlotowski et celui de Kechiche) mais aussi de Mathieu Amalric qu'on retrouvera dans le film de Arnaud Desplechin et dans celui de Polanski.

On devrait aussi parler des débuts derrière la caméra de James Franco avec AS I LAY DYING, adaptation d’une œuvre de William Faulkner.

 

 

Une liste de films non exhaustive puisqu'elle devrait encore être  complétée dans les prochains jours...

Qu'importe, je suis déjà conquise...!

 

 

Lambinet Lorraine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ONLY GOD FORGIVES en Compétition Officielle, LA VIE D'ADELE, MIELE et THE BLING RING à UN CERTAIN REGARD

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 20:35

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 20:34

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 19:55

Thierry Frémaux et Gilles Jacob, Conférence de Presse du Festival De Cannes, UGC Normandie-Champs Elysées. 18/04/2013.

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  • Après un Bac Option Cinéma, j'ai obtenu ma Maîtrise en Arts du Spectacle et Ecrits Cinématographiques. Projectionniste pour les salles, Assistante de Production sur des longs-métrage ou Programmatrice pour des Festivals, je côtoies le 7ème de diverses manières. Aujourd'hui, rédactrice, j'écris...
  • Après un Bac Option Cinéma, j'ai obtenu ma Maîtrise en Arts du Spectacle et Ecrits Cinématographiques. Projectionniste pour les salles, Assistante de Production sur des longs-métrage ou Programmatrice pour des Festivals, je côtoies le 7ème de diverses manières. Aujourd'hui, rédactrice, j'écris...

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